Eté 85

Film de François Ozon

Avec Félix Lefebvre, Benjamin Voisin, Philippine Velge

Date de sortie en France : 15 juillet 2020

Été 85, une station balnéaire normande… Dans une reconstitution soignée, François Ozon met en scène la rencontre de deux personnages que tout oppose : Alexis, 16 ans, est sérieux, rationnel, cérébral alors que David, à peine plus âgé que lui, est spontané, fonceur, irréfléchi. Des contraires qui s’attirent irrésistiblement. David exerce une fascination certaine sur Alexis grâce à son aisance relationnelle, son charme. Il sait donner de l’affection sans compter, fait tout pour séduire son nouvel ami. Une histoire d’amour naît et Ozon filme parfaitement ces moments de bonheur simples et purs que procurent les premiers amours, où l’on apprend tout l’un de l’autre, où tout est découverte et enchantement.

Alexis est un personnage touchant. Malgré ses doutes, il se frotte au réel. Il met ses peurs au placard, quitte à en souffrir. Il fait son expérience, vit intensément la joie puis la tristesse. Il grandit (il échappe au cadre trop resserré de la cellule familiale), se construit au contact de ce David qui révèle assez vite sa part sombre, beaucoup moins séduisante. Car David fait du bien à son compagnon, mais aussi du mal. Mais comment ne pas succomber, comment se protéger quand tout est nouveau? Sur son chemin il fait une autre rencontre importante : Kate, jeune fille au pair anglaise, est la confidente compréhensive et patiente dont il a besoin pour avancer.

Eté 85 est donc le récit d’un apprentissage, en accéléré. Vivre et grandir, c’est accepter de faire des erreurs, d’expérimenter la douleur de la perte, de se relever de ses échecs. Et aimer une personne, c’est la considérer pour ce qu’elle est réellement, et non pas chérir l’idée que l’on s’en fait. Alexis apprend ainsi à de méfier des histoires qu’il se raconte, des fantasmes illusoires. Il parvient à « échapper à son histoire » comme il le théorise si justement.

Cette histoire fulgurante est mise en scène de façon habile par François Ozon qui parvient tout au long du film à distiller du suspense autour du destin des deux protagonistes. Tous les personnages sont interprétés de façon très juste : Valéria Bruni-Tedeschi, mère de David, interprète formidablement l’exubérance et la toxicité. Isabelle Nanty et Laurent Fernandez, parents d’Alexis, sont au contraire tout en retenue face à l’évolution de leur fils. Ils acceptent ses choix et l’affection discrète qu’ils lui témoignent est émouvante. Le charme du film tient aussi à cette description subtile de milieux sociaux différents dans lesquels les sentiments ne s’expriment pas de la même manière.

2 commentaires sur “Eté 85

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