Mariage à la mode, La Baie : deux nouvelles de Katherine Mansfield

Dans son journal, Charles Juliet évoque très souvent les écrivains qui ont marqué sa vie de lecteur, qui ont su le toucher profondément, dont les écrits ont laissé une trace indélébile dans sa mémoire. Camus, Beckett, Duras, Kazantzaki et tant d’autres font partie de ce panthéon intime. Dans le huitième tome de ce journal intitulé Au pays du long nuage blanc, consacré à son voyage en Nouvelle-Zélande entre août 2003 et janvier 2004, il évoque la figure de Katherine Mansfield. Il en parle, dès les premières pages, avec beaucoup d’émotion, de tendresse. Il narre en quelques mots les impressions que lui procure la visite de la maison natale de l’auteure à Wellington et cite des extraits de quelques unes de ses lettres qui le touchent en plein cœur :

C’est seulement en étant fidèle à la vie que je puis être fidèle à l’art. Et fidélité à la vie signifie bonté, sincérité, simplicité, probité.

Pourquoi faut-il aimer ? On ne sait, c’est un mystère. Mais l’amour est comme une lumière. Je ne puis avoir une vue nette des choses que dans ses rayons.

Charles Juliet écrit lui-même une lettre à cette femme dont la vie et l’œuvre l’émeuvent particulièrement. En la tutoyant, il évoque le douloureux combat qu’elle a du mener contre la tuberculose. Katherine Mansfield meurt en effet à 34 ans en France loin des siens et de son pays, en 1923. Jusqu’au bout, malgré les souffrances, elle reste passionnée par l’écriture et par la vie. Elle laisse à la postérité des recueils de nouvelles, des notes de journal, une correspondance. J’ai eu envie d’aller découvrir cette œuvre qui m’était inconnue. J’ai commencé par deux nouvelles publiées chez Folio : Mariage à la mode et La Baie. J’y ai découvert un sens aigu du portrait, des personnages finement dépeints mais qui gardent une part de mystère, une grande liberté dans la construction du récit. Je souhaite poursuivre la découverte de l’œuvre de cette femme de lettres dont Virginia Woolf vantait le talent en ces termes : « Je ne voulais pas me l’avouer, mais j’étais jalouse de son écriture, la seule écriture dont j’aie jamais été jalouse. Elle avait la vibration. »

7 commentaires sur “Mariage à la mode, La Baie : deux nouvelles de Katherine Mansfield

  1. Pardonnez-moi, je ne connaissais pas votre blog, et suis arrivée chez vous par le hasard et l’amour de la littérature.
    J’ai eu un coup au coeur, comment il est possible d’être aussi cultivé et fin lecteur que vos critiques le laissent voir, et ne pas encore connaître Katherine Mansfield ! Mais d’une certaine façon, quel bonheur que le vôtre, vous allez pouvoir plonger dans ses nouvelles ( l’intégralité ou presque a été traduit et ré-édité chez Stock dans la Cosmopolite, je crois), le journal, mais aussi allez voir sa correspondance, en particulier avec son mari, l’ambigu John Murry). C’est une musicienne, une violoniste,elle écrit comme telle, autant dans sa prose que dans ses poèmes. Elle est ironique, cruelle et tendre en éternelle enfant blessée, mais surtout ( enfin c’est ce que je ressens), elle n’a jamais fini de s’étonner merveilleusement du monde, et l’exprime avec une finesse mélodique discrète, et vraiment originale. Peut-être parce qu’elle était malade, elle a vécu et écrit dans l’urgence d’un présent sans cesse renouvelé, à la fois partition et improvisation.
    Voilà, je m’arrête! une fois encore excusez-moi. Je ne suis plus jeune, Katherine Mansfield m’a été une compagne de vie et d’écriture.
    Ne m’en voulez pas!

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  2. Ah j’ai lu le court livre de Charles Juliet aussi, c’est drôle c’était il y a quelques années mais je m’en souviens encore. Ma soeur m’a offert un. Magnifique recueil des nouvelles de Katherine Mansfield. Je pense que je vais tenter d’en lire quelques unes.

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